4 minutes de lecture (776 mots)

Les Brandons à l'UNESCO

Les Brandons à l'UNESCO

Le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO a rendu son verdict le 2 décembre 2015 et a décidé d'inscrire ces fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, reconnaissant ainsi officiellement l'importance de ces traditions pour les communautés concernées et la nécessité de les protéger et de les transmettre.
La candidature a été déposée en commun par l'Andorre, l'Espagne et la France. L'UNESCO félicite de plus les états soumissionnaires pour l'élaboration d'un dossier multinational exemplaire tant sur le fond que sur la forme.
Le brandon, est une fête traditionnelle et populaire qui se déroule tous les ans.
Le brandon de la Saint-Jean (fête du feu) a lieu pour le solstice d'été, le jour de la Saint-Jean.
Le brandon fait partie du patrimoine culturel et traditionnel de la ville de Bagnères-de-Luchon.
Pour la réalisation typique du brandon, le Maire demande à l'ONF (Office National des Forêts) l'octroi d'un sapin de 10 à 12 m de haut, 0 m 50 de diamètre central, écorcé.
Ce tronc est transporté sur le parvis central des Thermes Chambert. C'est alors la préparation du brandon qui se déroule suivant un rite ancestral, par du personnel municipal spécialisé. Le tronc est fendu soigneusement sur une grande partie de sa longueur et de sa circonférence à l'aide de coins en fer, puis les lèvres écartées sont maintenues par des coins en bois, le tout ligaturé par des cercles de fer pour éviter l'éclatement. Ensuite le brandon est planté verticalement pour en accélérer le séchage.
Le jour de la cérémonie, on garnit toutes les fentes de copeaux de bois, de paille, formant autour du tronc une gaine très combustible. Le brandon est allumé à des dates bien déterminées. La principale date est la célébration du feu de la Saint-Jean, la seconde la célébration de la Saint-Pierre.
Le jour de la cérémonie, un défilé sur les Allées d'Etigny est organisé.
En tête de ce défilé, un spectacle de cracheurs de feu vient depuis peu ajouter une touche contemporaine, suivi des sociétés luchonnaises folkloriques et locales :
- la Fanfare Municipale, doyenne de toutes les associations musicales (1875) qui se situe dans l'élan musical du 19ème siècle, âge d'or des fanfares.
- le Groupe Folklorique des Fils de Luchon remonte à décembre 1934 (danseurs et chanteurs). Ce groupe comprend aujourd'hui plus de 80 membres dont la devise « Aimer et Faire aimer le Pays de Luchon » résume parfaitement la volonté d'oeuvrer à la bonne image et à la prospérité de nos vallées. Cet amour pour nos belles Pyrénées et notre Pays de Luchon nous le transmettons au plus grand nombre à travers notre culture, nos costumes, nos danses et nos chants traditionnels.
- le Quadrille Luchonnais, créé en 1991, a pour objectif de faire revivre une page glorieuse de l'histoire locale.
- la Compagnie des Guides à Cheval a été créée il y a 250 ans. Le pyrénéisme naissant, le tourisme se développe de façon importante au siècle dernier pour accompagner touristes et curistes en montagne et faire visiter les sites de la « Reine des Pyrénées » (nom donné à la ville de Luchon). Aujourd'hui, elle reste la parure inégalable de toutes les fêtes et surtout elle perpétue le souvenir si cher aux Luchonnais. Le plus surprenant est sans doute, le claquement de fouet des Guides à Cheval qui est typiquement luchonnais, unique en Europe et peut-être au monde. Il s'agit d'un véritable moyen de communication, d'un langage et chaque guide à cheval a le sien propre.
Le soir de la célébration se réunissent sur la place de l'église le groupe folklorique Les Fils de Luchon (les danseuses portant un bouquet de fleurs, les danseurs un petit brandon à la main), La Fanfare Luchonnaise et la Compagnie des Guides à Cheval de Luchon. Ils remontent en défilant sur les Allées d'Etigny. Arrivés au parc thermal, le Maire et le Curé, qui se sont joints au défilé, vont ensemble embraser le brandon. Celui-ci brûle près d'une heure (suivant son état de
sècheresse). Il finit par s'effondrer en se brisant. A ce moment, les jeunes gens se précipitent vers le brasier encore incandescent afin de saisir un petit tison et le font tournoyer dans le noir de la nuit et poursuivent les jeunes filles pour tenter de les maculer de suie.
Quant aux personnes plus âgées, elles se contentent, alors que le brandon refroidit, de prendre un petit morceau de bois calciné qu'elles ramènent à la maison afin de le conserver car la légende dit que celui-ci portera bonheur à tout le foyer pour l'année qui vient…


A deux pas des Thermes de Luchon, la Maison du Dah...